MON CHEMIN VERS SECRETEASY


Aujourd’hui je me raconte un peu ... Je déteste parler de moi, je suis une introvertie s’il en est...j’aime rester dans l’ombre .

Et pour cause…

J’ai baigné toute mon enfance dans l’humilité : issue de l’immigration portugaise, être différente signifiait rester discrète.

Cette « double culture » n’était pas un avantage à cette époque, loin de là…

Il fallait « s’intégrer », « être assimilée », « se fondre dans le décor » , et surtout « ne pas faire de vague », bref rester invisible.

J’avais interdiction de parler ma langue natale en présence des autres à l’école.

Qu’à cela ne tienne... Je suis partie à la conquête de la langue française.

Je me suis adaptée, j’ai appris avec application. Les dictées étaient un exercice jubilatoire, un jeu pour moi j’adorais !

La plume qui glisse sur le cahier ligné, l’encre bleu nuit absorbée par le buvard soigneusement glissé sous la ligne d’écriture et parfois que je retrouvais sur mes doigts d’enfant. Ma « madeleine de Proust » !

 

Cette langue était devenue précieuse à mes yeux, c’était la liberté tellement fondatrice de ce que je suis aujourd’hui, je me suis appliquée à faire de mon mieux sans doute par loyauté pour mes formidables parents qui m’avaient donnée ma chance en se déracinant de notre pays d’origine.

En grandissant, j’étais tellement loquace, je n’économisais pas les mots, je m’en délectais. J’avais un oncle qui me disait parfois : “tu seras avocate ! " .

17 ans et voilà bachelière, section littéraire, une évidence n’est-ce pas ?

Et puis la vie... l’amour... Les choix à faire... les chemins de traverse pour avancer malgré tout, de vendeuse à secrétaire commerciale en passant par agent d’accueil, des postes sans projection possible.

Des années de travail sans avoir une place que je sentais être mienne, je le savais mais toujours la loyauté sans doute cette fois pour la famille que j’avais fondée.

Nouvelle donne ! En 2001 j’arrive en Charente.

Je décide de reprendre mon cartable et devenir secrétaire médicale, l’attrait sans doute de l’aspect humain et empathique que demande ce métier.

Je mène alors deux formations en parallèle de mon poste salarié, sans doute une idée derrière la tête …

Je me certifie comme relectrice-correctrice d’édition puis un petit challenge : la certification Voltaire, le Graal des “aficionados” de notre si belle langue. Bingo ! j’avais mené à bien mes modestes défis.

Puis après des années de bons et loyaux services ...Le coup de semonce : un licenciement brutal, incisif, et douloureux.

Cette idée qui germait depuis quelques années déjà m’est réapparue comme une évidence : je rebats les cartes et c’est maintenant, j’y vais !

L’aventure commence là, en 2019.

Que la lumière soit !